Le Jeu du pendu d’Aline Kiner

Premier roman édité par Liana Levi Policier

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Prologue 24 décembre 1944

Il fit si froid, cette nuit-là, que les vieux hêtres se fendirent. Ceux dont les fenêtres donnaient sur la lisière de la forêt les entendirent craquer et gémir, et leurs branches claquer sèchement, comme les pétards d’une fête nocturne, avant de se briser sur le sol gelé. Un peu avant minuit, malgré le couvre-feu, on avait ouvert en grand le portail de l’église. Les enfants de chœur, vacillant de froid sous leurs surplis brodés, étaient entrés en cortège dans la nef éclairée de bougies, puis les hommes avaient repoussé les vantaux de bois et tiré devant eux de lourdes couvertures de laine. D’autres couvertures occultaient les portes latérales et les fenêtres. Lumières et sons s’étouffaient sur le tissu rêche, procurant à l’assistance une sensation trompeuse d’intimité. Les bancs étaient pleins, les hommes assis d’un côté de l’allée centrale, les femmes de l’autre. Ils s’étaient peu à peu rapprochés, collés épaule contre épaule. Le sacristain avait bourré de bûches le poêle dès le matin, il en émanait une vague odeur de fumée qui se mêlait à celle de la cire fondue, mais les murs glacials perlaient d’humidité.

Ils se réchauffaient, et se comptaient. C’était une mécanique inconsciente, comme les doigts d’une vieille femme dévidant son chapelet. Les Caspar étaient revenus. Les Steinlein aussi. Le père, la mère, les trois fils. Les Martin rentrés. Les Stosse… Il manquait l’aîné.

Mathilde était installée au sixième rang, à la première place le long de l’allée. Gagnée par l’engourdissement, elle se redressa légèrement, le dos calé contre le dossier de bois. Sa voisine avait reculé avec ostentation lorsqu’elle s’était assise, mais Mathilde s’était contentée de sourire. Un jour, lorsqu’elle était enfant et pleurait à cause d’une amie perdue, sa mère lui avait simplement dit : « Souviens-toi Mathilde : quand le vent tourne, les girouettes tournent aussi. » À l’époque, elle avait regardé les arbres courber la tête au bout du champ, depuis la fenêtre de cette ferme où elle grandissait, et pensé qu’il n’était pas facile de résister au vent. Mais depuis, elle avait appris.

Tout était allé si vite… Un matin, à la fin du mois d’août , les Allemands avaient disparu du village. En descendant la Grand-Rue pour rejoindre le café, Mathilde avait vu flotter aux fenêtres les premiers drapeaux bleu-blanc-rouge. Puis, les uns après les autres, des garçons qui s’étaient cachés pour échapper à l’enrôlement dans la Wehrmacht étaient réapparus. Mi-décembre, les troupes du maréchal Model avaient repris l’offensive dans les Ardennes belges et au Luxembourg. Le canon tonnait jour et nuit. Mais parmi les familles expulsées au début de l’Occupation, une quinzaine déjà étaient rentrées.

De l’autre côté de l’allée, un jeune homme arborait le brassard des FFI. Mathilde fixa un moment sans pouvoir la reconnaître sa nuque maigre où se collait une mèche de cheveux blonds, puis détourna les yeux pour tenter de capter le regard de Johann. Son mari était assis à l’écart, à l’extrémité d’un banc. Il semblait absorbé dans la contemplation du grand tableau suspendu au fond du chœur, une Madone debout, paumes tendues devant elle, sur un paysage crépusculaire. Mathilde remarqua que Johann se tenait voûté, la tête enfoncée dans les épaules. C’était un homme grand, toujours encombré de lui-même, qui se mouvait comme se meuvent les enfants, penché en avant, les pieds balancés à la va-vite. Il avait aussi, songea la jeune femme, l’odeur des enfants. Douce, sucrée. Une odeur qui lui avait été immédiatement familière, comme lui avaient été familiers le grain de sa peau, la masse chaude et pesante de son corps sur le sien.

Mathilde savait qu’il était venu à contrecœur, parce qu’elle avait insisté. Elle avait hâte que cette messe finisse. Une soupe les attendait sur le feu, qui les réconforterait à leur retour. Puis ils se glisseraient sous l’édredon, dans leur chambre embaumant la cire et la paille, il poserait ses mains sur elle, elle sentirait leur chaleur à travers la chemise de coton, et doucement, très lentement, elle se coulerait sur lui. Le vent pourrait alors souffler, et les girouettes tourner autant qu’elles voulaient !

Debout devant l’autel, le prêtre commença la lecture d’un texte d’Isaïe, annonçant un jour nouveau où se manifesterait la tendresse de Dieu. Il était rentré de Lyon dix jours auparavant, pour célébrer le premier Noël depuis la Libération. Son visage semblait amaigri, mais il souriait. Autour de Mathilde, les femmes l’écoutaient, tête baissée. Elle serra les bras contre son ventre, soudain oppressée par la proximité de ces corps engoncés dans leurs manteaux sombres. Sur le mur chaulé de l’église, les quatorze tableaux du chemin de croix s’animaient par saccades à la lumière vacillante des chandelles, comme les images d’un vieux film. Une lance levée, des bouches grimaçantes, le visage douloureux d’un christ au front cloué d’épines. Faute, condamnation, souffrance. Est-ce que le prêtre avait seulement conscience de ce qu’était devenue sa paroisse durant son absence ?

Tout à coup, une femme, arrivée sans bruit, se glissa près d’elle, l’obligeant à se pousser. Un courant d’air glacial coula sur la joue de Mathilde. Quelqu’un avait ouvert la porte latérale de l’église. Tandis que le battant se refermait avec un son étouffé, elle se dit qu’un des paroissiens devait être pressé de rentrer au chaud. Depuis la tribune de bois, au-dessus de l’entrée, une flûte modulait un chant de Noël. La messe allait bientôt se terminer. Le prêtre chanterait la bénédiction et les renverrait enfin.

Lorsque les dernières notes de l’orgue résonnèrent, ce fut la bousculade. La femme à côté de Mathilde s’attarda pour ranger son missel, et quand celle-ci put enfin quitter le banc, Johann était parti.

En sortant, la jeune femme baissa les yeux pour regarder où elle posait les pieds. Sous l’éclat de la lune, les marches de l’église luisaient de gel. Elle enfonça le menton dans le col de son manteau, chercha son mari du regard, mais ne le vit pas.

Devant le porche, des familles s’attardaient en bavardant. Dans l’air glacial, les sons vibraient avec la netteté du cristal. Des murmures et des petits rires, un bruit de fête au milieu de la nuit. Mathilde scruta les visages qui se détachaient comme des masques blancs sous les chapeaux et les fichus sombres sans reconnaître Johann.

Puis peu à peu, les groupes se défirent, le calme revint et elle se retrouva seule.

Mathilde erra un moment le long du porche, déconcertée. Il avait dû se passer quelque chose. Jamais Johann ne serait parti sans elle. Elle n’osait pas appeler, le silence était trop profond.

Indécise, elle fit quelques pas dans l’étroit chemin qui longeait le mur nord de la nef, mais le presbytère était plongé dans l’obscurité, volets clos. Puis elle s’aperçut que la porte du cimetière était entrouverte. Johann était peut-être allé se recueillir sur la tombe de ses parents en l’attendant.

Mathilde passa le petit portail. Elle marchait précautionneusement, attentive au bruissement du gravier qui roulait sous ses semelles. Dans la lumière blanche de la lune, les bouquets de roses de Noël déposés sur les dalles de marbre s’ourlaient de paillettes de givre.

La sépulture des Ziegler se trouvait tout en haut du cimetière. L’air rafraîchit soudain, chargé d’une odeur épicée de feuilles mortes. Au-delà du cimetière, la forêt barrait le ciel de sa masse sombre. Il n’y avait plus de gravier, mais de la terre dans cette partie ancienne de l’enclos. Les tombes y étaient de simples rectangles délimités sur le sol par des blocs de calcaire.

Mathilde repéra la statue du Dieu Piteux et le vieux chêne, tout à côté. Elle cherchait la silhouette de Johann, guettant le mouvement des ombres, quand une tache claire au pied de l’arbre attira son attention. Une sorte d’écriteau. Elle s’approcha. Une phrase était tracée en grandes lettres noires sur un carton : La corde pour les collabos.

Elle fit encore un pas, le souffle coupé. Quand elle arriva tout près du tronc, elle leva les yeux et vit les chaussettes blanches de Johann, souillées de terre, osciller doucement au-dessus de sa tête.

Elle se souvint de ce que lui racontait sa mère devant le feu, à la veillée: toutes les nuits de Noël, des fleurs éclosent sur les arbres, le temps d’une heure.

Puis elle s’effondra sur le sol glacé.

Un Conseiller Littéraire, pour quoi faire ?

Interview accordée à Écrivain Avenir qui m’en a autorisé la reproduction, avec mes remerciements

Lorsque votre manuscrit vous est retourné par l’éditeur sans vous en expliquer la véritable raison, sans note de lecture ou appréciation, le conseiller littéraire peut vous la donner. Mais bien entendu, il peut aller plus loin et vous donner de précieux… conseils avant de le lui adresser.

Annie J. Dornic est conseiller littéraire depuis longtemps. Écrivain-Avenir lui a demandé ce qu’elle pense de son métier et si elle l’aime. Cette dernière question était inutile.

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Écrivain-Avenir : Que recouvre la fonction de Conseiller Littéraire ?

Conseiller littéraire : Selon le travail déjà fourni par l’auteur et ses vœux, elle comporte différents degrés d’intervention. Au minimum, je corrige, directement sur écran, tout ce qui est basique et non discutable : orthographe, grammaire, syntaxe, typographie, mise en page, répétitions (les inutiles) et le « mot juste », là où il fait défaut.

L’auteur gagne ainsi du temps qu’il peut mettre à profit pour étudier mes commentaires sur l’écriture, la syntaxe, le plan, les longueurs, les personnages, les incohérences… et mes propositions de remaniements. C’est à lui alors de trancher et s’il hésite, nous en discutons. Je propose et il dispose !

Au manuscrit annoté, je joins un bilan individualisé où j’ai consigné ses « tics d’écriture » mais aussi ses points forts et toutes les remarques et conseils que je n’ai pas pu insérer au fil du texte (comment est menée l’intrigue, par ex.). Tout cela permet à l’auteur de prendre du recul. Mon rôle est aussi de l’aider à trouver sa voie et à s’épanouir dans l’écriture.

Écrivain-Avenir : Vous êtes indépendante, comment prospectez-vous votre clientèle ?

Conseiller littéraire : Le bouche à oreille fonctionne, les auteurs avec qui j’ai travaillé me sont fidèles. Des articles dans la presse ou dans des guides pratiques aident à me faire connaître ainsi que mon site, sa gazette et les sites littéraires qui me recommandent.

Écrivain-Avenir : Aucun diplôme ne sanctionne la profession, comment prouver qu’on en est un ?

Conseiller littéraire : Pour ma part, j’ai été amenée à proposer ce service et à glisser doucement de la correction pure au conseil littéraire sur la demande de certains auteurs qui essuyaient des refus pour ce simple motif : « pas assez travaillé ». Les éditeurs croulent sous les manuscrits qu’ils préfèrent quasi achevés. Avant, ils faisaient travailler les auteurs, à présent, le temps leur fait cruellement défaut. Certains tapuscrits mal présentés ne parviennent même pas jusqu’au comité de lecture, ils sont écartés d’office lors d’un premier tri. Les auteurs doivent être très vigilants et rigoureux !

Écrivain-Avenir : Et dans ce cas, comment prouve-t-il ses compétences à ses clients ?

Conseiller littéraire : Je demande aux auteurs (terme que je préfère car il s’agit d’une collaboration et non d’une simple transaction) de m’adresser quelques pages afin de calculer un devis gratuit, au temps passé, donc très variable. Je retourne ensuite ce devis individualisé et j’explique également comment je procéderai pour ce manuscrit. L’auteur peut alors juger de l’aide que je suis susceptible de lui apporter et du sérieux de mon travail. À lui ensuite de décider s’il veut ou non m’accorder sa confiance…

Écrivain-Avenir : En fin de compte, ceux qui font appel à vos services s’en remettent à leur  » flair « 

Conseiller littéraire : Un peu mais dans la vie, il faut savoir prendre quelques risques pour avancer !

Écrivain-Avenir : Il y a beaucoup d’écrivains putatifs. Tous ne sont pas bons. Que faites-vous lorsque quelqu’un vous soumet un manuscrit, disons-le, nul ?

Conseiller littéraire : J’ai eu la chance jusque là de ne pas rencontrer ce cas de figure. Si je reçois, un jour, un manuscrit auquel je ne crois pas, je ne pourrai pas collaborer avec l’auteur, c’est certain. C’est une rencontre passionnelle entre le manuscrit et moi, vous savez, nous passons de longues heures ensemble !

Par contre, il m’arrive de recevoir des manuscrits qui ne sont, de toute évidence, que des premiers jets. Certains jeunes auteurs s’imaginent qu’écrire, c’est prendre une plume ou un clavier et noircir, noircir jusqu’au mot « FIN ». Cependant, même s’ils ont d’excellentes idées, cela ne suffit pas car ils négligent la forme ! Là, commence vraiment le travail d’écriture, un véritable travail de fourmi laborieuse !Il faut tout reprendre depuis le début, décortiquer, soigner le style, couper les passages trop longs (les coupes à vif sont douloureuses !), approfondir par endroits, traquer les incohérences, remanier, revoir la ponctuation et beaucoup d’autres détails encore…

C’est un long labeur qui exige de la rigueur, du courage et surtout l’amour des mots et de son lecteur. Si je me rends compte que ce premier travail n’a pas été fait au moins une fois, je donne quelques conseils à l’auteur afin qu’il puisse retravailler son manuscrit et me le confier plus tard.

Écrivain-Avenir : Et pour les autres ?

Conseiller littéraire : C’est émouvant de recevoir un manuscrit, d’être l’un des premiers lecteurs ! On ne sait jamais les surprises qu’il nous réserve et l’on espère toujours découvrir un nouveau talent. Et lorsqu’un manuscrit possède une bonne matière première, c’est un vrai délice ! L’aventure peut nous mener très loin, il faut juste un énorme travail avant mais c’est toujours une belle aventure, chaque fois unique !

Écrivain-Avenir : Vous acceptez tous les sujets ?

Conseiller littéraire : J’avoue que je ne me suis pas encore posé la question ! A priori, je n’ai pas de règles et n’en rejette aucun d’office. À suivre…

Écrivain-Avenir : Vous êtes aussi un critique. Comment réagissent vos clients à vos opinions sur leur travail ?

Conseiller littéraire : Cela dépend du tempérament de l’auteur mais aussi de son degré d’avancée dans l’écriture. Un auteur qui sait déjà la travailler, a pris conscience de certaines de ses failles et il est plus ouvert. Il recevra et étudiera plus aisément mes propositions. Mais, même s’il est réticent au départ, si l’observation est juste, il finit par le reconnaître. Soulignons aussi que je ne pointe pas que les faiblesses mais aussi les points forts. L’important est que l’auteur parvienne à se connaître en tant qu’écrivain.

Écrivain-Avenir : Vous avez évalué et accepté le travail, comment traitez-vous avec votre client ?

Conseiller littéraire : Une fois le devis accepté, un contrat est signé précisant le détail du travail et son montant.

Écrivain-Avenir : Il y a ceux qui les acceptent, d’autres non. Proteste-t-on sur vos propositions ?

Conseiller littéraire : Ce sont des « propositions ». J’insiste car je ne suis pas l’auteur et refuse donc de décider à sa place. Il est pour moi indispensable que l’auteur, comme son œuvre, garde son identité propre. Je me dois donc de respecter son style et son originalité. Quand je me mets au service d’un auteur, je m’oublie !

J’entre dans l’univers de son manuscrit, je m’en imprègne ainsi que de son style, pour le comprendre et surtout, ne pas le trahir. Mes propositions sont bien reçues même si elles sont parfois discutées. Parfois, il n’y adhère pas mais elles lui permettent de découvrir lui-même SES solutions. C’est d’ailleurs toujours ce vers quoi j’essaie de tendre : aider l’auteur à découvrir les ressources cachées au plus profond de lui, l’amener à dénouer ses blocages. Échanger nourrit la réflexion, l’auteur parvient ainsi à mieux comprendre vers quoi il tend. Au bout du compte, il connaît mieux son manuscrit et le défend plus efficacement auprès des éditeurs.

Écrivain-Avenir : Il y a toujours une limite à ce que l’auteur vous impose, jusqu’où pouvez-vous aller ?

Conseiller littéraire : Eh bien, justement jusqu’à la limite qu’il m’impose car c’est lui le maître à bord. Je ne suis qu’une sorte de guide qui met tout en œuvre pour l’amener à donner le meilleur de lui-même.

Écrivain-Avenir : Dans tous les cas, le conseiller littéraire doit avoir une sacrée dose de psychologie, non ?

Conseiller littéraire : Bien sûr, nous parlons d’une aventure humaine ! Et c’est là que ce travail s’enrichit d’une autre dimension. On ne peut pas formuler un conseil de la même façon à tous les auteurs. Il faut tenir compte de leur personnalité et de leur état d’esprit du moment.

Parfois, j’ai vraiment l’impression de me transformer en « coach », terme en vogue à l’heure actuelle sûrement parce que nombreux sont ceux qui ont besoin d’être rassurés.

L’auteur a toujours eu besoin de l’être, il est régulièrement harcelé par le doute, c’est humain et mon rôle consiste à l’aider à tenir le coup pour traverser cette passe sans trop de dommages et à reprendre confiance en lui pour réussir à se battre de nouveau. L’écriture nécessite beaucoup d’énergie et de puiser loin dans ses ressources !

Écrivain-Avenir : Une fois tous les points éclaircis, comment procédez-vous ?

Conseiller littéraire : Je me mets au travail en respectant la procédure prévue. Si le manuscrit est terminé, je travaille seule pour livrer mon travail à l’auteur dans son intégralité et nous en discutons ensuite. Si le travail est en cours ou nécessite de gros remaniements, alors nous travaillons ensemble. Bien sûr, il y a des variantes, chaque manuscrit étant unique.

Écrivain-Avenir : Allez-vous jusqu’à proposer l’écriture totale d’un roman ou de tout autre ouvrage ?

Conseiller littéraire : Cette démarche ne s’inscrit plus dans le domaine du conseil littéraire mais dans celui de la réécriture.

On peut réécrire des guides pratiques ou des autobiographies mais l’enjeu est tout autre lorsqu’il s’agit d’un roman ou d’une oeuvre théâtrale. Dans le cadre du conseil littéraire, elle ne présente aucun intérêt car ne permet pas à l’auteur de progresser. Si un auteur me le demande, c’est parce qu’il se sent incapable de réussir, qu’il est découragé. Je dois alors l’aider à reprendre confiance en lui, faire sauter le nœud et ça repart !

Écrivain-Avenir : Dans ce cas, êtes-vous tenu au secret professionnel ?

Conseiller littéraire : Bien sûr, je ne me permettrais pas d’en parler sans l’accord de l’auteur !

Avez-vous eu l’occasion de travailler avec des auteurs francophones ? québécois, par exemple.

Conseiller littéraire : J’ai travaillé récemment avec un auteur suisse très prometteur, je connais plusieurs auteurs québécois dont j’apprécie le talent et vais peut-être collaborer avec l’un d’eux, à suivre…

Écrivain-Avenir : La France se trouve parmi les grands premiers de l’édition en ligne. Que pensez-vous de son avenir ?

Conseiller littéraire : Son avenir se dessine doucement et elle a encore besoin de temps pour faire ses preuves, pour apprivoiser auteurs et lecteurs.

Des éditeurs passionnés et créatifs se lancent depuis peu, je lui crois donc un bel avenir !

Écrivain-Avenir : Croyez vous qu’une fois débarrassée de ses multiples margoulins et escrocs qui la polluent actuellement, elle pourra être considéré avec autant de respect que l’édition traditionnelle ?

Conseiller littéraire : Ces individus-là s’infiltrent partout et dans tous les corps de métiers, ni plus, ni moins dans l’édition en ligne qu’ailleurs. Cependant, sur la toile, les infos courent si vite qu’ils ne peuvent pas perdurer et c’est tant mieux !

Écrivain-Avenir : Quels sont vos tarifs ? (ou leur fourchette ?)

Conseiller littéraire : J’ai tenté d’élaborer une fourchette, ce qui s’avère compliqué car il s’agit de création et non de prêt-à-porter, je fais donc du sur-mesure !

Écrivain-Avenir : Vous faites crédit ?

Conseiller littéraire : Pour de gros contrats, c’est parfois nécessaire sinon certains auteurs ne pourraient pas profiter du conseil littéraire et je n’aimerais pas passer à côté d’un bon manuscrit pour cette raison !

Écrivain-Avenir : Et jamais de mauvais payeurs ?

Conseiller littéraire : Non, les gens sont raisonnables, vous savez. Ils se rendent compte du travail accompli. Quand on est satisfait, il n’y a pas de raisons !

Écrivain-Avenir : Vous aimez votre métier ?

Conseiller littéraire : D’après vous ? Plus qu’un métier, c’est une passion… un peu trop dévorante parfois selon ma fille ! C’est chaque fois une aventure unique, captivante et quand l’œuvre est publiée, alors là… c’est une joie d’autant plus intense qu’elle est partagée avec l’auteur !

À Paris, 2004, pour Écrivain-avenir